Avez-vous déjà ressenti cette sensation d’arriver au bout de quelque chose (une semaine, une épreuve, un voyage,…) en ayant l’impression de ne pas l’avoir vécue ? Comme si une sorte de voile semi opaque le recouvrait ? Et bien voilà, c’est mon impression sur cette semaine.Je n’ai fait qu’attendre vendredi une visite que j’avais prévu de faire. C’est le seul événement qui me fasse dire que cette semaine ai réellement existé. Pourtant ça ne s’est même pas passé comme je m’y étais attendu. Il était là, à quelques mètres de moi. Curieusement, c’est moi qui étais sur son territoire et je me sentais menacé. Par quoi et pourquoi, je ne saurais même pas le dire.
De temps à autre, une envie malsaine me donnait envie d’aller le voir dormir. Regarder quelqu’un dormir, pour certain, reviens à lui voler quelque chose. Peut-être. Pour moi, la personne me semble encore plus précieuse. Ça n’est pas une question de toute puissance, c’est juste que j’ai comme l’impression d’être investie d’une mission de protection. C’est un cadeau inconscient que je reçois. Là, j’ai réussi à réfréner mon envie et rester à la place que me confère mon statut vis-à-vis de lui...
Cette impression de rejet fait tellement mal. Avec ce gros panneau en face du nez "Défense d'entrer" alors qu'avant on avait libre accès. Des pulsions, des envies refont alors surface. Vouloir voir le sang couler de mes bras juste histoire d'être persuadée que je suis bel et bien en vie. Juste essayer de ressentir une douleur qui soit plus forte que la douleur morale. Et puis, se souvenir dans un sursaut qu'on est quelqu'un d'équilibré. Genre...
Je ne peux plus détruire mon corps, alors est-ce que inconsciemment j'essaye de détruire mon âme? Cette âme que j'ai eu tant de mal à reconstruire ( et que malgré tout, il m'en manque encore des morceaux) et qui à présent me fait plus mal qu'autre chose. Dans la journée ça va, j'ai autre chose à m'occuper, mais le soir, le ballet des idées noires et des incompréhensions reprend. J'aimerais tellement pouvoir faire comme pour mon blog: un clic est pfuit c'est fini, une page blanche apparait à la place.
Je ne sais même pas quel comportement avoir. Je nage entre ce que j'aimerais, qui peut être m'apporterais un soulagement momentané, et ce qu'il faut faire pour être bien vu par la société. Le dilemme entre se féliciter de ne pas l'avoir touché parce que "ça fait bien" et s'en vouloir parce que dans le fond on avait vraiment envi de le traverser ce put*** de passage piéton pour courir le rejoindre et au moins lui déposer un chaste baiser sur sa joue fraîchement rasée. Et quand bien même, au final j'en serais toujours au même point maintenant...
Je ne sais pas, je ne sais plus. Ais-je vraiment su un jour?
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