En ce moment, mes nuits sont pourries de cauchemars. Enfin, si ça se limitait à des monstres verts à grandes quenottes, ça m'arrangerait !
Non, là, ce sont les éternelles images d'un vécu trop bien connu. Le couloir sombre et froid en briques grises toutes moches. Le mec que j'imagine faisant 15 têtes de plus que moi. Mais, surtout la fameuse poubelle. Cet objet si ordinaire qui peuple notre vie de tous les jours et qui a présent est devenue mon symbole du désespoir. Quand je l'ai vu en arrivant, je ne me doutais pas qu'elle me ferait encore plus peur que l'armoire à glace aux yeux injectés de sang qui me broyait le bras.
Tout ce que j'ai vu a mon arrivée, c'est le mur avec ses "picots" menaçant. Je me doutais que je me retrouverais projeté dessus. Je me doutais que mon visage risquait de râper contre. J'avais du coup placé mon bras devant. Je me doutais que j'aurais mal. Mais, je ne savais pas à quel point...
Je ne savais pas non plus que l'on pouvait avoir une peur plus immense que celle de mourir. Oui, la pire, c'est celle de NE PAS mourir. Quand la souffrance est si intense qu'on a l'impression d'être morte, mais que l'on sait que ça n'est pas le cas, le temps devient lui-même une souffrance intolérable. Et puis, vient les coups qui pleuvent de partout, comme si d'un seul coup le mec avait plusieurs bras. Et là, on sent toute notre vulnérabilité. On se prend à croire que seul un dieu peut faire autant de chose, peut détruire autant d'endroit en même temps. Tous les sens se décuplent. On a l'impression de sentir toutes les odeurs, comme si une truffe nous avait poussée à la place du nez. On sent le sol sous nos pieds, on sent le mur arracher la peau des jambes, du ventre, des bras. On renifle l'odeur d'homme, de béton, de sang et de sueur. Tout cela dans un bel ensemble que nous garderons à jamais dans notre banque à odeurs. Trop d'informations viennent en même temps. La tête tourne et on pense que notre corps va finir par exploser, ou se dissoudre, en tout cas disparaître.
Mais, qu'est ce que tout cela comparé à l'impression d'avoir été enterrée vivante ? Comment fais t-on pour sortir d'une poubelle en vie ? Sincèrement, je l'ai vécu, et pourtant, je n'ai toujours pas la réponse.
Tout comme le fait d'arriver à vivre après que votre ex petit ami vous ai étranglée pour pouvoir vous sauter sans "souci". Comment on gère le fait que l'homme qui vous aime vous dise : "J'en ai marre de baiser un cadavre !" et qu'il vous laisse gisante au milieu du lit avec des marques rouges sur le cou ? Comment on oublie et surtout, d'où vient la force de faire à nouveau confiance à un autre petit ami ? Je ne sais pas, je n'ai pas de réponse... Et je ne sais toujours pas ou se situe le pire. Mon pire, ou est-il réellement ?
A présent, l'horreur à un visage.

2 commentaires:
Tes paroles m’assomment et on ne dirait pas que cela puisse exister... Je serai toujours à ton écoute et je te soutiendrai toujours, tu peux compter sur moi !!!
Origine
Je n'ai aucun doute quant à ta véritable amitié et à ton soutient sans faille. Et tu sais bien évidemment que c'est réciproque...
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